Le Grand Raid des Pyrénées 2014 – 160 km – 10 000 D+.

GRP 160km, Raphael Cochetel coach sportif dans le VaucluseEn août 2013  j’ai couru le GRP 80, ayant bien apprécié ce trail, l’envie de revenir à Vielle Aure était forte, ceci  ajouté aux bonnes sensations en avril lors de l’Ultra Trans Aubrac, 105 km, puis en mai à l’Ultra Draille du Pic  Saint Loup, 120 km, je décide très tardivement début juin de m’inscrire pour le GRP 160, épreuve débutant le  22 août.

Une fois la décision prise, je me suis préparé au mieux dans les Dentelles de Montmirail, à raison de 4 sorties par  semaine, dont une longue le dimanche où je réalisais entre 35 et 40 km. Par chance, je n’ai pas eu de problèmes  particuliers durant ces entraînements, aucun bobo, c’est donc plutôt en forme et assez serein que je suis arrivé  jeudi 21 à mon camping du Loustou, je le cite car les patrons sont supers sympas !! Assez rapidement je  décharge la moto, le temps de planter la tente, puis direction le centre du village pour récupérer le dossard et  assister à la réunion d’information. De suite je me trouve plonger dans l’ambiance, car entre les coureurs du 80,  du 120 et du 160, autant dire que ça faisait du monde dans la place… mais grâce à une superbe organisation, tout  se déroule parfaitement, le dossard, la vérification du sac à dos, les petits cadeaux….et on se retrouve pour le  briefing, dont on ne retiendra que l’essentiel, « demain…….il ne va faire très beau…….il devrait pleuvoir….. »,  voilà c’est clair, on sait qu’il va falloir se couvrir chaudement, et préparer le vêtement imperméable.

Ensuite, il était déjà l’heure de se rendre à la pasta party, moment toujours très agréable de partage entre  coureurs, je me retrouve à dîner avec un couple de Brest, hasard sympathique puisque mon premier trail fut  celui du Bout du Monde dans le Finistère. Les pâtes une fois avalées retour au camping pour une petite nuit,  mais une bonne nuit, entre 21h et 3h00, heure du lever ! Première satisfaction le ciel est étoilé, bonne nouvelle,  le temps de bien manger, de me préparer, je pars à pied direction la ligne de départ, à 2 petits km du camping,  génial, un collègue me propose une petite place dans sa voiture, merci !

Il est alors 4h40, les visages se crispent un peu, ou rient nerveusement, ou semblent impassibles, quoiqu’il en soit tout le monde exprime à sa manière un certain stress du à l’épreuve qui nous attend, car bien sûr, à ce moment personne ne peut être certain d’aller au bout, et chacun, quelque soit son niveau sait que ce sera long et difficile…sentiment qui est devenu encore plus clair, lorsque quelques minutes avant le départ la pluie s’est mise à tomber. Aussitôt branle-bas de combat, beaucoup sortent leur veste, moi, sachant la complexité d’enlever mon sac, car je me suis en plus équipé d’un sac ventral, je décide de ne rien faire. Enfin, 5h00, feux d’artifices, la meute est lâchée, et rapidement, ça monte !!

Le peloton s’étire progressivement, la pluie finalement s’atténue, puis disparaît soudain, obligeant beaucoup de coureurs à retirer leur vêtement de pluie, je suis alors très content d’avoir fait le bon choix, par fainéantise.  Les premiers km sont faciles, je me retrouve sans problème au restaurant Merlans, environ 2h30 pour parcourir 15km, tout va bien, le jour s’est levé, une longue journée va commencer, dont le premier but sera le col de Bastanet à 2507m, je trouve déjà que le Mont Ventoux me semble petit. Mais cette première ascension, puis la descente qui suit vers Artigues se passent sans réelle difficulté, 5h de course au compteur, 30 km, on rentre dans le vif du sujet, il va falloir affronter le Pic du Midi, 2876m, montée que j’ai déjà faite l’an passé ce qui me rassure un peu, d’ailleurs tout se passe au mieux, et je pointe tout là haut en 106e position, à partir de ce moment, en simplifiant, ça descend sur 35 km… ce qui bien sûr est totalement illusoire, en vérité, on passe notre temps à monter et descendre, les organisateurs ont annoncé 10000m de D+, ils sont bien là.

Vers 16h, surprise, la météo évolue négativement, la pluie reprend son activité, j’arrive quelques minutes plus tard  à Hautacam, le déluge s’accentue je m’oblige donc à mettre ma tenue imperméable, juste en l’enfilant par dessus mes sacs, dans l’espoir que ça ne dure pas trop longtemps, ce qui fut le cas, je suis arrivé à la base de vie de Pierrefite , 75e km, sous le soleil….mais avec une désagréable sensation sous le pied droit, type ampoule !!! Nouveauté ce petit bobo se situe entre le milieu du pied et le talon, je suis très fier, je ne connaissais pas ! Je change alors de chaussures et de chaussettes, de t-shirt, et j’essaye au mieux de soigner mon pied, seul, un bricolage maison sur un pied que je n’arrive pas à assécher. Tant pis je pars. La sensation n’est pas trop dérangeante, je l’oublie assez rapidement. A ce moment on est à 450m et on doit monter en continu sur 15 bornes pour arriver à 2334m au Pic de Cabaliros, ascension qui va débuter de jour, puis se finir de nuit. Rapidement le temps évolue et on se retrouve dans un agréable mélange de  brouillard et de pluie, fort sympathique, je ressors alors ma tenue imperméable que je vais garder, très longtemps… Courir, marcher de nuit est une sensation assez étonnante, avec le brouillard c’est encore plus délirant, car votre frontale éclaire une masse nuageuse à quelques mètres devant vous, et là peut commencer un nouveau jeu, la chasse aux balises. Heureusement, à ce moment critique on s’est retrouvé à 4 coureurs totalement perdus pendant 5-6 mn tant on était incapable de retrouver notre chemin, impossible de localiser la balise suivante, un grand moment, qui évidemment s’est bien terminé, mais je prends conscience que seul dans la même situation…

On est ainsi resté en groupe jusqu’à la fin de la descente sur Cauterets, qui symboliquement nous faisait franchir la barre des 100 km un peu après minuit. Par définition, il ne reste alors plus que 60 bornes, mais ce ne seront pas les plus faciles. Première et principale raison, la naissance d’une ampoule sous chaque pied, à l’endroit habituel, près de la base des orteils, je me persuade que ce n’est pas très grave, je gère de plus en plus les descentes pour éviter d’accentuer le problème, en espérant me soigner à la seconde base de vie, celle de Esquièze Sère. Il me faudra 5h pour parcourir ces 20 km, soit une bonne moyenne de 4 km/h, on est loin des premiers km, mais c’est normal, la fatigue plus les ampoules, piano-piano. En tous les cas, point positif, je me sens plutôt bien, je n’ai pas envie de dormir il me suffit donc d’avancer, à mon rythme. En arrivant à la base de vie, je découvre un véritable « hôpital » de campagne, assez impressionnant, tout le monde les pieds à l’air, comme si le concours de la plus grosse ampoule avait été lancé, vue la queue pour se faire soigner je me contente de me crémer les pieds, de changer de chaussettes, de faire le plein, et je repars après 25 mn, en me disant que bientôt il ferait jour, et que tout serait alors plus facile, normalement…et il ne reste plus que 40 bornes !

Seul bémol, on est alors à 750 m, et on a 20 km pour monter à 2465m, heureusement, le jour s’est levé, le brouillard s’est dissipé, et on a su alors que la journée allait être belle et ensoleillée, ce qui motive de suite. Cette ascension bien que longue s’est bien passée, et ce fut un soulagement d’atteindre ce dernier point haut de la course, il ne restait plus alors qu’une vingtaine de km, avec une dernière montée après le resto Merlans avant la descente finale sur Vielle Aure, et toute cette partie, je l’avais déjà faite l’an passée, petite avantage.

En vérité, à cause des ampoules ces 20 bornes ont été vraiment pénibles, et je vais ainsi dégringoler au classement. Notamment sur les 2-3 derniers km où je me suis forcé à courir sur la route, mais pas assez vite pour ne pas me faire dépasser par quelques concurrents.

Finalement j’arrive enfin à Vielle Aure, je franchis la ligne d’arrivée en 35h 51 mn, pour me classer 89e sur 404 finishers, plus 283 abandons.

Un grand merci à tous les organisateurs, à tous les bénévoles qui ont fait un travail remarquable, avec beaucoup de gentillesse !

Merci à tous les copains, copines des Jambes de Bacchus qui m’ont aidé grâce à leurs sms durant la course, ainsi qu’à fabienne et bruno !

Et merci encore aux mêmes JDB qui m’ont fait la surprise de m’accueillir à la maison lorsque je suis rentré dimanche soir !! SUPER !!!

Sans oublier la magnifique bouteille qu’ils m’ont ensuite offerte pour fêter l’événement, un « raphaeloboam »de Vacqueyras 2012 de 5,7 litres !!!!!!!!!!!!!!!

Je ne boirai jamais ça tout seul……………………………………………Grp 160, Raphael Cochetel coach sportif dans le Vaucluse

 

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Grand Raid des Pyrénées 2013, 80 km, 5000 de D+.

Raphael Cochetel Coach sportif Vaucluse, GRP 80 KMSamedi 24 aout, 5H00, nous étions plus de 1000 coureurs sur la place de Vielle Aure à nous élancer pour ce GRP. Départ donné sous une vraie bruine bretonne… ce qui augurait d’une journée humide et plutôt fraiche.

J’étais préparé à avaler du dénivelé, je savais qu’il faudrait beaucoup marcher, je n’ai pas été déçu, car après un timide départ en courant, la première difficulté est apparue, c’est à dire environ 20 km de montée pour passer de 800m à 2500m d’altitude. Donc nous avons marché, toujours sous cette petite pluie, sur un terrain gras avec des pierres glissantes…un vrai bonheur. Par chance au lever du jour la pluie s’est arrêtée et j’ai tout de suite cru qu’on allait finalement avoir une belle journée ensoleillée, ce qui serait quand même plus agréable pour affronter ce parcours. J’ai alors pu admirer quelques magnifiques lacs, quelques sommets qui sortaient au dessus des nuages, des moutons, des chèvres, des chevaux, des vaches… je fais ces quelques précisions naïves car le créneau « avec visibilité » a été très court. Car après le ravitaillement du 29e km, soit environ  4H40 de course, nous avons commencé l’ascension du Pic du midi, c’est à dire passer de 1200m à 2876m, et à partir de ce moment nous sommes entrés dans le brouillard…et ce pour toute la journée. Là, je dois dire que ce fut très pénible, car la pente est raide, fréquemment technique, et surtout monter vers un sommet sans jamais le voir c’est assez déstabilisant. Heureusement il y avait un ravito au col du Sencours à 2378m, à 4km du sommet. Les bénévoles nous ont alors annoncé que « là-haut » il y avait beaucoup de vent et une température ressentie de l’ordre de 0°, charmant, j’ai alors mis ma veste imperméable, faisant partie du matos obligatoire, et je ne l’ai plus jamais quittée…

De plus le but était de monter au Pic pour se faire pointer, grâce au système high-tech de puce dans le dossard, et après de redescendre par le même chemin jusqu’au col du Sencours, en clair vous montez 4 km très difficiles en croisant les premiers qui eux dévalent la pente !!! Tout cela sans apercevoir le point culminant.

Une fois ce sommet atteint, nous étions à la mi parcours, soit 7H10 de course, puis a suivi une dizaine de km de descente que j’ai bien vécue, pour arriver au ravito du 50e km à Tournaboup, 1461m, petite pause nécessaire avant d’affronter la montée vers le col de Barèges, 2469m. Je me sentais alors plutôt bien, physiquement et psychologiquement, ce qui m’a permis de me persuader que je pouvais aller jusqu’au bout, sensation très agréable qui permet d’avancer sans gamberger. Après ce col on devait de nouveau descendre à 1800m avant de remonter à 2040m, pour enfin arriver au dernier ravito au 66e km. A partir de ce moment il restait une bonne côte de 170m de D+ avant ENFIN de descendre en direction de Vieille Aure, soit une dizaine de km. J’ai pu alors avec plaisir constater que je pouvais courir, sans trop de crispation, juste mes ischios droits semblaient être un peu sensibles… A partir de ce moment je me suis souvenu des différents trails où j’avais eu tendance à me faire doubler  sur la fin ce qui m’a boosté à ne rien lâcher, voire plutôt à rattraper et dépasser quelques concurrents, c’est un réel plaisir, mais ceci m’a bien calmé lorsque j’ai cru entrer dans le village alors que ce n’était qu’un hameau, et qu’en vérité la ligne d’arrivée était encore bien loin au bout d’une longue ligne droite !!

Finalement je suis enfin arrivé après 13h16mn, 53e sur 904 finishers.

Je suis très heureux de cette journée, car le GRP offre une organisation parfaite, une superbe équipe de bénévoles, un balisage parfait, beaucoup de supporters locaux, vraiment un trail à courir…en se préparant à beaucoup marcher !!!

 

 

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